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Étudiants, l’alcool sape vos révisions (même trois jours après !)

Ces dernières années, nous avons considérablement revu notre façon d’apprendre et de mémoriser. Le développement des neurosciences nous a permis d’améliorer nos méthodes, de perfectionner et d’enrichir notre approche, et ces changements parviennent aujourd’hui jusqu’aux étudiants.

S’il reste encore beaucoup de travail pour corriger de vilaines pratiques résistantes et rectifier quelques mythes à la peau dure, nous n’en sommes pas moins sur la bonne voie.

Au point, peut-être même, de reconsidérer les choses. Et si, désormais, la plus grande problématique en matière d’apprentissage et de mémorisation ne concernait plus nos méthodes mais notre mode de vie ? Et s’il n’était plus question aujourd’hui de mieux apprendre, mais de moins oublier ?

A l’origine de cette réflexion : l’alcool et de ses effets sur le sommeil ainsi que notre fâcheuse tendance à célébrer les week-ends. Étudiants, l’alcool ruine vos efforts et sape vos révisions, et ce, bien plus que vous ne pouvez le croire !

Que se passe-t-il lorsque nous apprenons ?

Durant la journée, notre cerveau emmagasine constamment de nouvelles informations – intentionnellement ou non – et va, selon leur nature, solliciter plusieurs zones du cerveau.

Celle qui nous intéresse dans le cas de l’apprentissage d’un cours et des révisions qui précèdent un examen s’appelle l’hippocampe. Et pour comprendre son fonctionnement, on peut la voir comme un sac.

Ce sac, qui recueille les informations du jour et les structure, possède naturellement une capacité limitée. Il doit donc être régulièrement vidé pour permettre l’intégration de nouvelles informations, sous peine de voir son contenu se détériorer (c’est alors l’exactitude des souvenirs qui en prend un coup).

Et pour assurer cela, notre cerveau procède durant notre sommeil à un transfert des informations contenues dans l’hippocampe (le sac) vers une zone de stockage à long-terme appelée cortex. En d’autres mots, le sommeil nous permet de « vider le sac » rempli des informations du jour dans un coffre et nous donne ainsi la possibilité d’enregistrer de nouvelles informations le jour suivant.

Dormir, c’est cliquer sur le bouton « sauvegarder » !

Apprendre + dormir = mémoriser

Avec une bonne nuit de sommeil, le cerveau est donc en mesure d’assurer au mieux la sécurisation des nouvelles informations. Le transfert hippocampe – cortex est favorisé, et les souvenirs se renforcent et s’enracinent.

En revanche, si l’apprentissage n’est pas directement suivi d’une nuit de qualité, les chances de consolider les nouvelles connaissances chutent de façon drastique. Et ce, même avec un très bon sommeil le lendemain et le surlendemain !

Le sommeil s’avère donc être, encore une fois, un élément clé sur lequel porter son attention et ses efforts. Et s’il est prouvé qu’une sieste de 20 minutes offre une sauvegarde significative des nouvelles informations, il nous est pour autant impossible d’égaler l’efficacité d’une nuit de huit heures de sommeil.

Les effets de l’alcool sur le sommeil ou pourquoi boire sape la mémorisation.

Beaucoup de gens pensent encore que l’alcool aide à dormir. Après tout, personne n’est jamais resté bien longtemps les yeux grands ouverts à observer le plafond depuis son lit après avoir bu quelques verres.

Mais cela veut-il forcément dire que l’on dort ? Étienne Klein le rappelle très bien : « ce n’est pas parce qu’après la pluie, nous observons des grenouilles, que l’on peut conclure qu’il a plu des grenouilles ». Et bien ce n’est pas parce que vos yeux se ferment et qu’ils ne se rouvrent qu’au petit matin que vous avez dormi.

En réalité, le terme « sommeil » n’est pas du tout adapté à ce qui se passe la nuit, lorsque l’on a bu. Il s’agit plutôt d’un état d’inconscience. On est comme « inerte » ! L’alcool sédate l’état d’éveil et ne provoque en aucun cas le sommeil.

A ce jour, l’alcool est le plus grand suppresseur de sommeil paradoxal connu. Il empêche l’activation des neurones, fragmente le sommeil de façon imperceptible et le défait de ses propriétés de restauration. En d’autres mots, il débranche tout au moment où, justement, le cerveau est normalement très (très) actif.

Si un graphe de l’activité cérébrale nous montre des montagnes russes durant le sommeil, l’état ondulatoire du cerveau en « sommeil » sous l’emprise de l’alcool est proche de celui observé sous anesthésie.

Et la mauvaise nouvelle, c’est qu’il ne faut pas nécessairement en abuser pour subir ses effets. Lorsque le corps métabolise l’alcool, il produit des substances chimiques (aldéhydes et cétones) qui bloquent notamment la transition vers le sommeil paradoxal. Si ce n’est pas durant cette phase que le cerveau procède à la sécurisation des informations, elle n’en reste pas moins essentielle et complémentaire dans notre quête d’apprentissage puisqu’elle permet d’associer les informations entre elles, de créer de nouveaux liens et donc d’accéder à une nouvelle compréhension.

Alors, comme le dit Matthew Walker avec humour : « le conseil politiquement incorrect que je ne donnerai évidemment jamais est le suivant : allez au pub boire un verre le matin. De cette manière, vous aurez éliminé l’alcool avant de dormir ! ».

Apprendre mercredi, oublier vendredi

Dans une étude récente menée sur sept jours, des chercheurs ont recruté un large groupe d’étudiants qu’ils ont divisé en trois groupes. Le premier jour, tous les participants devaient apprendre une grammaire « artificielle », une langue inconnue et créée de toute pièce de façon à mettre tous les étudiants dans les mêmes conditions.

L’efficacité de cette première journée d’apprentissage a été évaluée à 90%, une très bonne moyenne pour des étudiants, évidemment habitués à emmagasiner de nouvelles connaissances.

Ensuite, les membres du premier groupe ont été autorisé à dormir 8h chaque nuit jusqu’à la fin de l’étude. Les membres du second groupe ont bu deux à trois verres de vodka mélangée à du jus de fruit à la fin du premier jour et se sont eux aussi pleinement reposés le reste de la semaine. Les membres du troisième groupe, quant à eux, ont également dormi 8h chaque soir de la semaine et bu la même quantité d’alcool que le second groupe, mais cette fois au troisième jour de l’expérience.

Tous les participants de cette expérience ont donc appris cette « fausse » grammaire le premier jour et dormi chaque soir 8h avant d’être testés sur leurs connaissances le septième et dernier jour.

Sans surprise, les membres du premier groupe se sont rappelés de tout ce qu’ils avaient appris. Les membres du seconde groupe, ayant donc passés leur première nuit de sommeil après l’apprentissage sous l’influence de l’alcool, ont montré des signes « de ce que l’on peut prudemment décrire comme de l’amnésie partielle » pour reprendre les mots de Matthew Walker, et ont oublié en moyenne 50% du contenu initial.

Ce fait conforte très largement l’importance de la première nuit de sommeil consécutive à l’apprentissage mais ne représente pas la conclusion la plus étonnante dans cette étude.

Car c’est bel et bien le troisième groupe de participants qui rapporte la plus bluffante des constatations. Avec pourtant deux nuits d’un sommeil idéal après l’apprentissage, les sujets ont montré un degré d’amnésie quasiment identique, avec un oubli du contenu initial chiffré à 40% !

Vous avez un examen un lundi. Vous révisez le mercredi précédent. Vos amis vous appellent et vous invitent à sortir boire quelques verres. Vous déclinez pour profiter d’une bonne nuit de sommeil et vous donner toutes les chances de réussir cet examen. Idem le jeudi soir : vos amis vous appellent, vous résistez à la tentation et déclinez de nouveau. Le vendredi, cette fois, vous vous autorisez cette sortie. Vous avez passé votre semaine à assurer prudemment vos examens et vos travaux, vous avez été sérieux et investi, vous sortez donc vous détendre et vous consommez deux ou trois verres… et vous oubliez 40% de vos révisions !

Les informations transférées dans le cortex, et donc « sécurisées » et intégrées à notre mémoire à long-terme restent tout de même fragiles jusqu’à trois jours après leur intégration. Un constat en mesure de vous amener à revoir votre prochaine commande, surtout à l’approche des examens !

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