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5 bonnes habitudes pour être plus zen

Tous, nous admettons volontiers qu’être plus zen a de nombreux avantages. Profiter de chaque instant de sa journée avec calme et sérénité, gérer ses priorités avec lucidité, relativiser, conserver sa bonne humeur et se concentrer sans effort, nous avons toutes les raisons d’entretenir cet état optimal de conscience et de légèreté.

Et pourtant, peu d’entre nous y consacrent réellement du temps. S’occuper de son zen est parfois perçu comme secondaire, et les petits gestes du quotidien qui permettent d’y parvenir sont souvent les derniers sur la to do list.

Se remettre au centre de ses priorités, se donner la possibilité de profiter de chaque moment et rester maitre face aux émotions négatives, c’est à la portée de tous ! Avec les 5 pistes qui suivent, je vous propose de reprendre le contrôle, de ne plus laisser les évènements vous trimbaler d’émotions en réactions. Ils n’évitent pas les problèmes, mais ils vous permettent d’y répondre sans vous laisser vampiriser. Avec ces 5 bonnes habitudes, gardez votre zen et profitez !

1 – Dormir 8h chaque nuit

Depuis plusieurs années maintenant, la recherche tend à faire passer le sommeil au premier rang des priorités en matière de santé. Comme le dit très bien Matthew Walker, nous n’avons plus à nous demander en quoi le sommeil est bénéfique mais plutôt s’il y a ne serait-ce qu’une fonction de l’organisme qui ne bénéficie pas d’une bonne nuit de sommeil.

Et il va plus loin en nous proposant cette très belle analogie : « Jusqu’ici, nous avions tendance à concevoir le sommeil comme le troisième pilier de la santé, avec l’alimentation et l’exercice physique, mais en réalité, le sommeil est bien plus qu’un pilier, c’est la fondation sur laquelle reposent les deux autres bastions. Retirez le socle qu’est le sommeil, ou affaiblissez-le ne serait-ce qu’un peu, et l’alimentation comme l’exercice perdront leur efficacité. »

Et parmi la myriade de bénéfices apportés par sommeil, parlons de celui qui pourrait bien être la base du zen : l’équilibre émotionnel.

Avec une nuit de plein repos, un lien puissant se créé dans notre cerveau entre l’amygdale et le cortex préfrontal. L’amygdale, c’est la partie du cerveau associée aux émotions fortes et primitives comme la colère ou encore la rage. En dormant suffisamment, elle va donc être plus fortement reliée au cortex préfrontal, la partie du cerveau responsable de notre rationalité, de notre pensée logique et de notre prise de décision.

8h de sommeil, et notre cortex dispose donc d’un parfait contrôle inhibiteur de l’amygdale, nous permettant de tempérer des réactions émotionnelles basées sur la peur et la colère. Le professeur M. Walker image très bien cette relation en visualisant l’amygdale comme une pédale d’accélération émotionnelle et le cortex préfrontal comme une pédale de frein.

Maintenant, que se passe-t-il si, en revanche, nous ne parvenons pas à obtenir un temps de sommeil adéquate ? Et bien ce lien d’inhibition s’affaiblit ! Et par conséquent, nous sommes beaucoup plus vulnérables à nos réactions primitives. Nous sommes pied au plancher sur le plan émotionnel, et nous n’avons plus aucun frein.

Notre zen est fortement compromis dans de pareilles conditions et ce par la plus biologique des manières ! Ce n’est plus une simple question d’effort et de volonté, c’est une question de neurochimie à laquelle il devient très difficile de s’attaquer. Et de ce fait, on observe par exemple une amplification de 60% de la réaction émotionnelle en cas de manque de sommeil.

Privé de nos 8h de sommeil, notre fonctionnement tend à devenir relativement primitif et incontrôlé. Nous avons des réactions émotionnelles inappropriées et nous ne sommes plus capables de considérer le contexte des évènements.

La première directive, le fondement d’un zen qui dure, c’est donc une nuit de sommeil efficace de 8h. Pour celles et ceux qui connaissent des difficultés liées à l’endormissement, vous pouvez retrouver une liste de recommandations directement tirées de la méthode la plus efficace mise au point par les chercheurs et spécialistes du sommeil dans mon article « Stop aux somnifères, ils tuent, essayez plutôt ça ! » (bientôt disponible sur le site).

2 – Pratiquer la méditation

La méditation est un outil aussi puissant qu’il est sous-estimé par grand public. Et ses effets ne cessent de bluffer les scientifiques ! Saviez-vous que, pratiquées régulièrement, les activités qui lient le corps et l’esprit comme la méditation ou encore le Qi Gong permettent d’influer sur la longueur des télomères ? Autrement dit, il est possible d’agir sur la longueur de nos chromosomes durant notre vie !

Les télomères, ce sont les extrémités de nos chromosomes. Il existe une image très simple pour clairement comprendre : si un chromosome est un lacet, le télomère en est l’aglet, la petite partie métallique ou plastique à l’extrémité qui nous permet de plus facilement passer dans les trous en laçant nos chaussures.

Ces télomères, ils nous permettent entre-autre de calculer notre âge cellulaire. Plus ils sont longs, plus nous sommes en bonnes santé et jeune sur le plan le plus basique de notre constitution !

Avec l’âge, ils tendent à rapetisser jusqu’à devenir si fin que les cellules arrêtent de se multiplier et deviennent à terme séniles et dangereuses pour l’organisme. Et vous savez quoi ? La méditation permet de ralentir ce processus, et même de l’inverser !

Plus concrètement

Méditer, c’est en quelque sorte un bain pour notre esprit.

Plus concrètement, méditer nous permet de recharger les batteries avec un moment de pure relaxation, de purger son esprit des mauvaises pensées qui peuvent nous parasiter en boucle dans la journée.

L’anxiété diminue, la productivité et l’efficacité augmentent et nous devenons moins réactifs aux émotions fortes, aux obsessions du passé et du futur. Nous ne sommes plus dans le jugement, nous sommes centrés, concentrés…

Comme j’aime le dire, ces effets seraient produits par une pilule, celle-ci ferait le bonheur de l’industrie pharmaceutique !

L’objectif lorsque l’on médite ? Faire le vide et observer ses pensées pour se défaire de leur contrôle. Pour mieux comprendre cette idée, Andy Puddicombe nous donne une excellente analogie : « comprenez la différence entre se tenir dehors, sous la tempête, trempé par la pluie, secoué par le vent, et de tenir à l’intérieur et regarder la tempête par la fenêtre ».

Cette position d’observateur, elle s’accompagne d’un calme appréciable, d’une meilleure conscience et d’une nette efficacité. En soi, cela ne vous fait pas perdre de temps. Vous récupèrerez ces 10 minutes dans la journée, à être davantage productif et efficace.

En pratique

En pratiquant la méditation ne serait-ce que quelques minutes, vous allez dans un premier temps centrer votre attention sur votre respiration. Rien de plus simple me direz-vous. Mais attendez un peu que vos pensées viennent perturber votre concentration. On parle de « monkey mind » ou d’esprit singe pour désigner le blabla incessant de votre mental. Sans effort de votre part, votre respiration va rapidement passer au second plan et vous allez errer dans ces nouvelles pensées.

En revanche, si vous barrez la route à ces pensées qui émergent et que vous raccrochez votre concentration à votre respiration, vous allez renforcer votre attention. Et de là découle cette foule d’effets bénéfiques avec, au passage, un grand coup de balai sur vos pensées négatives !

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3 – Comprendre l’énigme de l’expérience et de la mémoire

Avec son énigme de l’expérience et de la mémoire, Daniel Kahneman met en lumière un biais cognitif que nous pouvons en partie déjouer pour considérablement positiver nos expériences passées et se donner toutes les chances d’apprécier les prochaines.

Notre cerveau est l’élément le plus complexe auquel l’être humain n’ait jamais fait face. Il fascine les chercheurs du monde entier depuis des centaines d’années et malgré nos avancées technologiques remarquables, nous sommes encore très loin de réaliser à quel point son fonctionnement est sophistiqué.

Et pourtant, malgré cette apparente perfection, parfois, il arrive que le cerveau bugge. C’est le cas des biais cognitifs, que l’on peut voir comme des failles de notre pensée rationnelle. Des systèmes de pensée qui dévient de la logique, des raisonnements rapides et automatiques qui nous induisent en erreur et troublent nos perceptions.

Si je vous demande combien de doigts il y a dans une main, vous me dites cinq, par vrai ? Et si je vous demande combien il y a des doigts dans deux mains, vous me répondez dix. Et dans dix mains ? Cent ? Presque !

Voilà un exemple de biais cognitif, la majorité d’entre vous a répondu cent avant d’y réfléchir à deux fois et de rectifier : cinquante. Si cette question a peu de chance de perturber votre vie, vous allez voir que le biais dont je vais maintenant vous parler est beaucoup plus complexe et impactant dans notre vie de tous les jours.

L’énigme de l’expérience et de la mémoire, c’est la différence entre le souvenir et le vécu. Un peu comme la différence entre être heureux dans sa vie et être heureux de sa vie. On se rapporte dans les deux cas au bonheur et pourtant, il est question de deux choses bien distinctes.

Daniel Kahneman nous l’explique très bien : cela résulte d’une dualité du moi. Le moi de l’expérience et le moi du souvenir. Et pour imager cela, il nous raconte qu’un jour, à la fin d’une de ses conférences, un spectateur l’a interpelé et lui a dit avoir écouté une œuvre de musique classique fabuleuse. Il prenait beaucoup de plaisir et se réjouissait de cette superbe découverte quand, à la fin de l’enregistrement, après presque 20 minutes, il y eu un son strident et très désagréable. Assez ému, il ajouta que cela avait carrément gâché toute l’expérience.

Et Daniel Kahneman continue et nous dit qu’en réalité, ce n’est pas du tout le cas. Ce sont les souvenirs de l’expérience qui ont été gâchés. Ce spectateur a bien passé 20 minutes très agréables à écouter de la musique classique, il l’a dit lui-même. Seulement, tout cela n’avait plus de valeur après coup, parce que, ce qu’il lui restait, c’était un souvenir, et ce souvenir était fichu.

On distingue donc clairement les deux entités. Il y a le moi qui expérimente dans l’instant, qui vit dans le présent. C’est lui qui répond au médecin quand ce dernier demande : « est-ce que ça fait mal quand je vous touche là ? ». Et il y a le moi qui se souvient. Lui, il tient les comptes, il sauvegarde l’histoire de notre vie. C’est lui qui répond quand le médecin demande : « comment vous sentez-vous ces temps-ci ? ».

Le biais ? Ou est-il ? Nos souvenirs d’une expérience sont très nettement influencés par ses derniers instants. Ils ne relatent notre expérience vécue de façon objective. Notre amateur de musique classique se retrouve avec un souvenir rangé dans la colonne « souvenirs négatifs » et qui est composé d’une vingtaine de minutes d’extase et d’une seconde ou deux tout au plus, de sifflement strident. Vu d’ici, le manque de rationalité nous parait évident. Et pourtant…

Et le zen dans tout ça ? Confondre le moi de d’expérience et le moi du souvenir est une source de problèmes dans la notion du bonheur. Chacun peut facilement trouver un ou deux souvenirs, à froid peu agréables, qui après réflexion pourraient bien ressembler à l’exemple de l’œuvre de musique classique.

Avoir conscience de ce biais cognitif, de cette tendance qu’à notre cerveau à fausser notre perception des expériences passées, est une très bonne façon de développer sa faculté à relativiser. Et repêcher quelques souvenirs « négatifs » vous amène également à revoir le traitement de vos expériences à venir. Un plus non négligeable dans votre quête de zen !

4 – Lire zen

Alexandre Jollien, Frédéric Lenoir, Christophe André, Hubert Reeves, Pierre Rabhi, ces auteurs et tant d’autres nous proposent de très belles réflexions via des ouvrages courts et plein de bon sens. Des livres à lire et à relire comme autant d’occasions de se recentrer, de méditer ses choix et de prendre du recul. D’être plus zen, tout simplement.

Ces lectures, si elles ne révolutionneront pas toutes votre perception de la vie, sont emplies de bonnes choses qu’il est toujours bon de se rappeler, de lire et d’appliquer. Je pense notamment à l’Éloge de la faiblesse, au Petit Traiter De l’Abandon et à Vivre Sans Pourquoi d’Alexandre Jollien, à La Puissance De La Joie et au Petit Traité De Vie Intérieure de Frédéric Lenoir, Et N’oublie Pas D’être Heureux de Christophe André, au Banc Du Temps Qui Passe d’Hubert Reeves ou encore à La Convergence Des Consciences et Vers La Sobriété Heureuse de Pierre Rabhi.

5 – Cherchez, explorez, conscientisez… débrouillez-vous !

Être plus zen, tout comme aller vers une vie plus saine de façon générale, c’est une démarche. Si vous pointez votre doigt dans ces directions, c’est que vous n’y êtes pas. Quelque chose vous en a éloigné. Un système de pensées, des habitudes, des croyances, un laisser-aller. Et ce n’est donc pas en restant passif que vous voguerez jusqu’à votre destination. Hissez les voiles ! Questionnez-vous, lisez, discutez, échangez.

« Une vie psychologiquement saine et pleine de sens est une vie d’introspection. »

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